LA DIVISION ALLEMANDE BRANDEBOURG

 

LA DIVISION ALLEMANDE BRANDEBOURG

Retour sur une unité de l’armée allemande de la seconde guerre mondiale, qui avait dans ses rangs des Français, unité ayant mené une guerre sans merci contre les maquisards et résistants du sud-est :

La 8ème compagnie de la division Brandebourg s’est rendue coupable dans tout le sud-est de la France et plus particulièrement dans les départements du Gard, du Vaucluse, de la Drome, des Basses Alpes, et des Bouches du Rhône, d’un très grand nombre de crimes de guerre, et dont la qualification est énumérée ci-après.

La division allemande Brandebourg était une unité autonome qui opérait sous le contrôle direct de la branche « Sabotage » du haut commandement des forces armées allemandes (OKW).

Cette division comprenait plusieurs régiments, bataillons, compagnies, et unités spéciales opérant séparément dans toute l’Europe.

La 8ème compagnie, a opéré en France. Cette compagnie ainsi que l’ensemble de la division était une unité de la Wehrmacht, et non une unité de la SS.

Le personnel de la division Brandebourg était composé d’allemands ayant vécu à l’étranger et parlant couramment plusieurs langues étrangères, ainsi que d’étrangers de diverses nationalités.

La plupart de ces éléments étaient depuis de longues années agent du SRA (1). Elle comprenait également un certain nombre de Français.

Cette unité dite « Anti-terroriste » a exercé son activité dans le sud-est de la France pendant 9 mois, de décembre 1943 à août 1944.

Les enquêtes effectuées à la libération ont permis d’établir que, pendant ce très court laps de temps, cette unité a pris l’initiative d’un grand nombre d’opérations, lesquelles ont provoqué le décès de plusieurs centaines de personnes :

Le bilan des destructions et dévastations n’a jamais pu être établi avec exactitude.

Les cadres, comme les troupes, avaient suivi, au camp  » d’Eaux Bonne « (64), un entrainement spécial leur permettant d’assimiler les méthodes pratiques à appliquer pour obtenir le but recherché, à savoir la destruction des maquis et leur isolement par le terrorisme systématique des populations.

La 8ème compagnie de Brandebourg a ainsi monté des opérations d’une envergure telle qu’en maintes circonstances, elle dut requérir l’appui des formations allemandes stationnées dans la région.

Cette compagnie était normalement éclatée en plusieurs groupes qui contrôlaient chacun un secteur déterminé. Les lieux de stationnement de ces divers groupes furent fréquemment modifiés. S’il y a eu des idéologues et des militants collaborationnistes au sein du régiment, ils étaient accompagnés d’une populace hétéroclite.

On trouve ainsi dans la 8ème compagnie de la Brandenburg de petites frappes marseillaises, des petits bourgeois bordelais, des ouvriers parisiens, des anciens de la Légion, des volontaires français revenus du front russe, d’anciens résistants ayant tourné casaque pour sauver leur peau et même quelques Italiens et Espagnols, vétérans de la division Azul…

À côté de ceux acquis à l’idéologie nazie, certains se trouvaient là pour échapper au STO (Service du travail obligatoire), ou parce qu’ils devaient un service au Parti populaire français de Doriot, ou pour se faire de l’argent tout simplement.

Ce qui ne va pas les empêcher de se montrer extrêmement violents. Les hommes de la 8ème compagnie pillent, volent, tabassent et exécutent pour un oui ou pour un non.

Dans le monde des “Brandebourgeois”, une phrase déplacée vaut un passage à tabac, un soupçon conduit à un séjour prolongé dans les geôles de la citadelle de Pont, ou du fort Vauban à Alès, où les séances de torture s’enchaînent.

Le livre dont la couverture figure en illustration restitue assez bien le parcourt de cette sinistre unité.

  • Le SRA est un rouage essentiel de la machine militaire et policière allemande, l’Abwehrstelle, plus généralement connue sous le nom de service de renseignements allemand (S.R.A.). En fait une organisation chargée de recruter des espions, des agents de l’ennemi, des assassins…

Philippe NATALINI   Historien