26 février 2022: Décès du Général de Brigade Aérienne Pierre CAUBEL

PIERRE  CAUBEL

1926-2022 

                                       

 Général  de brigade aérienne  (en 2ème section)

 Commandeur de la Légion d’Honneur 

 Commandeur de l’Ordre National du Mérite 

 Croix de Guerre TOE avec Palmes 

 Croix de Guerre TOE étoile de bronze

 Médaille coloniale d’ Extrême – Orient 

 Chevalier de l’Ordre du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc 

  Médaille commémorative AFN, agrafe  Algérie 

  Médaille  de l’Aéronautique 

  Ancien Auditeur de l’IHEDN Session Nationale 28 de 1975-1976. 

Né en Mars 1926, 4ème et dernier enfant d’un père militaire de carrière et d’une mère au foyer. Il effectue ses études au gré des mutations de son père avant d’intégrer  en Math-Elem le Prytanée Militaire replié à Valence avant de rejoindre La Flèche pour ses concours. Reçu à HEC qu’il n’intègre pas, rêvant d’une carrière militaire, il est admissible à Navale et reçu à l’Ecole de l ‘ Air.

En Octobre 1946, il entre à l’Ecole de l’Air de Salon de Provence. En 1948, il reçoit le diplôme d’Ingénieur de l’Ecole de l’Air. Il effectue son premier solo de pilote sur un Morane 315 et 2 ans plus tard est breveté  pilote.

Copilote sur JV52, il est chargé du ravitaillement des postes isolés de l’Armée de Terre aux quatre coins du Sahara et du Sud Tunisien. Il est ensuite affecté à Avord dans une école de navigateur.

Octobre 1952, affecté au centre d’instruction de Toulouse Francazal pour 9 mois de formation sur B26.

Le 19 Mai, départ pour Saïgon, puis Haïphong  pour rejoindre le groupe de bombardement 1/25  Tunisie stationné sur le terrain de Cat-Bi.

Début Mai 1954, il devient leader de formation Martini Emeraude, servant de guide dans les missions à plusieurs avions. Il vole avec un navigateur-bombardier : le lieutenant Baujard et un mitrailleur : le sergnt-chef Texier.

Le 26 Avril, décollage vers 17heures. Croisant pendant le vol un autre flight du groupe, ils sont alertés d’une DCA particulièrement virulente, un B26 ayant été abattu. Une fois les bombes larguées et la soute refermée, l’avion se trouve encerclé de balles traçantes. Le moteur droit est touché et la procédure d’extinction moteur échoue. Il donne alors l’ordre à l’équipage d’évacuer. Après Texier puis Baujard , il saute à son tour de 11 000 pieds. Une fois les parachutes ouverts les trois hommes peuvent s’apercevoir, soulagés d’être en vie … Sa nuit se passe au milieu d’un cours d’eau pour se protéger des fourmis rouges. Le lendemain, il retrouve Baujard , Texier  tombé un peu plus loin ayant été fait prisonnier .

Dans l’après-midi ils sont faits prisonniers par des paysans puis après 4 à 5 jours de marche forcée remis aux soldats Vietnamiens aux confins du Laos et du Tonkin.

Débute alors la Longue Marche, plus d’un mois et 600 à 700 kms vers les camps du Nord-Tonkin. Marche de jour au début, puis de nuit pour éviter les bombardements des B26 … Effrayantes conditions sanitaires, sous la pluie , avec un sol glissant , tentant de brancarder à 4 ou 6 les camarades blessés ou trop faibles avec parfois la déchirante obligation de les abandonner sur ordre des soldats refusant de ralentir le convoi . Marche machinale survivant pas après pas, buvant l’eau des flaques, se battant contre les sangsues.

Arrivée au camp n° 1, plus de marche mais nourriture dérisoire, corvées diverses et séances de rééducation. Surtout ne pas tomber malade …Un traitement antibiotique pris quelques jours avant d’être abattu a peut-être protégé Pierre Caubel.

Après 3 à 4 mois, annonce de prochaine libération. Le camp se quitte à pied, une marche souvent encore plus dure en raison de leur extrême faiblesse. A Vietri sur le fleuve Rouge, ils sont remis à un détachement de marins Français.

Libérés le 1er Septembre après une visite au groupe B26 à Cat-Bi. En dépit d’une forte envie de piloter, il reçoit un veto médical formel.

Après 10 jours de repos il est déclaré apte au retour en France et retrouve le segent-chef Texier.

15 Septembre : envol de Saïgon à bord d’un avion du GLAM, 1er groupe de prisonniers libérés.

Au bout de deux mois, se sentant assez remis, il demande à rejoindre sa nouvelle affectation.

Nommé à Tours à la 30ème Escadre de chasse de nuit début Janvier 1955. Affecté à l’Escadron  1/30 Loire sur Meteor NF11. Peu après les Meteor  sont remplacés par les Vautours et de Chasse de Nuit l’unité devient Chasse tout Temps.

Promu capitaine il commande son escadron.

Arrivée au Centre d’ Expérimentation Aérienne de Mont de Marsan, chargé de suivre le développement de l’armement des Vautours.

Mutation Boulevard Victor à l’État-Major de l’Armée de l’Air comme officier rédacteur au 3ème bureau de l’État-Major.

En Mars 1962 il prend le commandement d’un des deux groupes de B26  à Oran  jusqu’au 2 Septembre 1962 où il quitte définitivement l’Algérie.

Arrivée à Cazaux : le groupe B26 devient groupe d’instruction. Il est chargé de la formation initiale des futurs pilotes et navigateurs de la force de frappe bientôt constituée avec les Mirage IV.

Mont de Marsan : rejoint l’équipe chargée du développement du Mirage IV. En stage aux USA, sur la base de Fort Worth pour une formation sur  les B58 il assiste le 22 Novembre 1963 à l’arrivée du Président et de Madame Kennedy pour leur visite à Dallas. Le soir même sur une base en deuil, il assistera au départ de l’avion présidentiel ramenant son cercueil à Washington.

Arrivée à Mont de Marsan des premiers MirageIV et création du premier escadron sous ses ordres : Escadron de Bombardement  1/91 Gascogne, première unité des Forces Aériennes Stratégiques (FAS) ayant pour mission de garder un avion en alerte en permanence prêt à décoller en moins de 5 minutes.

L’escadron de 8 Mirage IV défile en tête du Salon du Bourget. Le 14 Juillet 1965, il est leader du défilé aérien juste après le passage de la Patrouille de France. Il reçoit une accolade bien sentie du Général de Gaulle à l’issue du défilé : Ah ! Les Mirage IV !

Septembre 1965 : Entrée à l’Ecole de Guerre. Classé 2ème à l’ESGA (Ecole Supérieure de Guerre Aérienne). A la fin de son stage au CSI (Centre Supérieur Interarmées) il est affecté au 3ème bureau de l’État-Major de l’Armée de l’Air.

Commandant du Centre d’Opérations des FAS (COFAS)  puis général adjoint au commandant de ce commandement. Un colonel et trois généraux se relaient en permanence pour répondre à toute demande de l’Elysée.

De 1946 à 1980 : plus de 6000 h de vol en pilotant les avions les plus perfectionnés et performants  en trente-cinq ans de service.

Le reste de sa vie sera consacrée à sa très nombreuse famille et de multiples activités bénévoles tant que sa santé le lui permettra.

C’est à l’aube de ses 96 ans qu’il nous a quitté le 26 Février 2022 ….

Rédigé d’après les notes de Pierre Caubel  envoyées en 2001 aux membres de sa famille.

Mars 2022<Elisabeth Caubel

Pour en savoir plus : sur Google Général Pierre CAUBEL