Conférence de Tours du 14/12/2016

 

ANCIENS   COMBATTANTS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS

  EX-INVISIBLES

Siège social : Fondation de la France libre

16, Cour des Petites Ecuries

75010 PARIS

Conférence du 14 Décembre 2016

Mairie de Tours

Thème Citoyenneté et développement durable         par Mr Thierry TERRIER

Mr Thierry Terrier est lyonnais de naissance et habite en Normandie. Il a mené une carrière diplomatique de 1975 à 2005, principalement,   dans le monde arabo-musulman : au Qatar, en Somalie, en Arabie saoudite mais également, en Europe, en Irlande et en Amérique latine particulièrement au Guatemala, au Nicaragua et au Paraguay . Il est membre de la délégation permanente française à l’ONU. De 1978 à 1981 il est au service du protocole de l’Elysée, il est aussi ancien Secrétaire Général Adjoint de l’Union latine et, depuis 2012, Secrétaire Général de la Fondation de la France libre et de l’Association des amis de Pierre Messmer.

 

De gauche à droite :

Mr Yves Fournier Président de la région Centre des ACSR

Mr Thierry Terrier, conférencier et Secrétaire général de la Fondation de la France Libre.

Mr Michel Jude, Président National des ACSR

 

 

A chaque fois que je suis venu à Tours, il faisait beau, donc j’en conclus qu’il fait toujours beau à Tours !

Pourquoi parler du temps, vous allez voir dans ce que je vais vous dire que le climat est quelque chose de très important. Je vais être un peu iconoclaste mais je crois qu’il le faut. Tout le monde s’est gargarisé l’année passée de la signature de la COB 21 où on est arrivé à un accord, je le dis comme je le pense et je vais est essayé de le prouver, qui ne sert strictement à rien. Alors, bon politiquement c’était bien, le gouvernement français en avait besoin, d’autres gouvernements aussi donc c’était une bonne idée mais ça ne sert à rien.

Le titre de cette conférence, citoyenneté et développement durable, pose un certain nombre de questions. Sur citoyen c’est à peu près clair ; un citoyen c’est quelqu’un qui fait partie d’une communauté nationale, d’une communauté étatique et qui se sent concerné par le destin de cette communauté , il y participe en votant, en ayant des activités civiques, syndicales, politiques,   associatives et il a à cœur de faire en sorte que la machine marche correctement, il y trouve son intérêt et les autres aussi. Développement durable sa sous-entend l’idée qu’on peut assurer un développement pérenne jusqu’à la fin des temps. Alors d’abord ça va pas de soi, et deuxièmement cela repose sur un théorème au sens mathématique du terme c’est à dire quelque chose qu’on peut prouver mais qu’il faut accepter comme tel, qui règne sur l’humanité depuis environ 200 ans et le sous qualitatif extraordinaire du progrès technique. Depuis 200 ans à peu près on est persuadé que le progrès technique assurera l’avenir pour son bien et je prétends qu’on est en train d’arriver à un point ou ça ne sera plus vrai et où entrera en conflit, d’un côté l’avancée du progrès technologique et de l’autre côté   la survie de l’humanité. Pourquoi ?

Depuis 200 ans nous sommes entrés en gros dans ce qu’on appelle l’anthropocène, vous savez qu’en géologie de la terre, il y a des ères,   il y a eu une biocène avant nous , le pléistocène avant-nous , il y a eu l’aire l’ère des dinosaures où ils ont été complètement éradiquées et ainsi de suite. L’histoire de la terre depuis qu’elle existe, quatre milliards et Demi d’années à peu près, a connu des cycles, où des circonstances extérieures faisaient que la vie qui est née sur terre à cause de circonstances très particulières, était quasiment éradiquée. IL y a eu en particulier une extinction il y a très très longtemps, qui a éradiqué 96 % de toutes les formes de vie sur terre. Pourquoi je vous dis ça, parce qu’il faut bien se mettre dans la tête   que notre espèce, l’espèce humaine, est une espèce appelée fatalement à disparaître. Il n’y a pas d’ exemple dans l’histoire de la planète qu’une forme de vie n’ait pas été détruite, à une exception près de tout petits organismes qui se trouvent au fonds de la mer ; donc il faut bien savoir que comme disait Valéry : « nous savons désormais nous autres civilisations que nous sommes mortels, mais que le destin de l’humanité, c’est-à-dire vous et moi, a une échéance X en terme géologique », c’ est à dire par rapport à la mesure de la durée de vie de la terre qui est en gros à peu près à la moitié de sa survie puisque le soleil va commencer à grossir d’environ 3,8 milliards d’années et, où, en grossissant, il absorbera toutes les planètes de son système donc que notre espèce humaine est aspirée à disparaître ; c’est pas tragique, mais c’est comme ça. D’autant, qu’il y a quelques dizaines de milliers d’années ou centaines de milliers d’années nous n’étions pas les seuls humains. Il faut savoir que les résultats de la paléontologie aujourd’hui, nous donnent la quasi-certitude qu’environ, environ, une petite dizaine d’espèces d’êtres humains ont peuplé cette planète et nous en sommes qu’une espèce de cette dizaine,   alors les autres, ont été éliminés par l’évolution parce qu’ils n’étaient pas nécessairement adaptés à leur environnement, par la destruction , par des changements climatiques .

Je ne veux prendre qu’un exemple, tous les européens, alors d’abord une chose, y a pas de blancs, y a pas de noirs, il n’y a que des noirs et que des décolorés comme dit Yves Coppens. Et c’est très vrai puisque nos ancêtres qui sont arrivés dans ce qui est aujourd’hui l’Europe, ont mis environ 60 générations à blanchir, ils sont arrivés noirs et au bout de 60 générations ils sont devenus ce que nous sommes aujourd’hui plus ou moins blancs ; donc encore une fois il n’y a pas de noirs, il n’y a pas de blancs, il n’y a que des noirs et des décolorés. Mais ,   quand nos ancêtres, qui sont sortis d’Afrique il y a environ 200 000 ans puis, qui ont commencé par peupler le Moyen-Orient et l’Asie, et puis ont fait un grand tour, qui grâce au climat, leur a permis de revenir à ce qui est aujourd’hui l’Europe, sont arrivés dans ce qui est aujourd’hui l’Europe, ils ont rencontré une autre espèce humaine c’est-à-dire, des êtres humains comme vous et moi, l’homme de Néandertal,   qui lui, été adapté à des circonstances glacières, c’est pour cela qu’il avait de très grosses narines, très velu, pas spécialement attrayant mais en tout cas il était adapté à son environnement. Et nous, nous sommes mélangés avec Néandertal. Et c’est très intéressant, depuis qu’on a réussi à décoder le génome humain, c’est-à-dire la séquence génétique de notre ADN, de savoir que les européens ont entre 2 et 4 % de gènes de Neandertal,   ce que les africains n’ont pas , parce qu’ils n’étaient pas arrivés en Europe. Donc ça prouve que nous étions de proches cousins puisqu’on pouvait se reproduire entre nous ; tout ça, une fois de plus, pour vous dire que nous ne sommes pas ici sur terre, nous les humains, à l’échelle du développement géologique de la terre, pour très très longtemps. En gros la survie d’une espèce, quand elle dépasse le million d’années, on estime que c’est vraiment une espèce coriace. Un exemple, les requins, tels que nous les connaissons actuellement est pas les requins de l’époque des dinosaures, les requins, ont un petit peu moins de 10 000 000 d’années et existent sur la planète depuis un petit peu moins de 10 000 000 d’années et risquent tout à fait de disparaître, à cause de nous, d’ici la fin du siècle. Les tortues aussi mais elles sont eu petit peu plus anciennes. Donc premier point qu’il faut savoir, c’est que l’espèce humaine et transitoire sur la planète, or évidemment cela ne va pas arriver après demain, mais ça peut mettre les choses en perspective et qu’est-ce qui fait qu’une espèce dure longtemps, c’est,   quand elle est en adéquation avec son environnement c’est à dire que son mode de vie, sa morphologie, utilisent son environnement suffisamment pour survivre mais pas trop pour ne pas l’épuiser. Donc la première question à poser : est-ce que ce mythe, ce théorème du développement technologique sur lequel nous vivons depuis 200 ans est quelque chose qu’il faut continuer de promouvoir ? Pas nécessairement s’il aboutit à un décalage entre nous-mêmes et notre environnement parce que dans ce cas les choses s’inverseront et c’est notre propre progrès qui détruira l’espèce humaine, pas parce que l’espèce humaine l’aura voulu mais parce que c’est comme ça dans la règle de l’évolution. La question qui se pose aujourd’hui qui met le plus en danger la durabilité du développement, vous savez le développement c’est comme la croissance, on est sur ce mythe   depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, que la croissance va toujours monter, dans l’histoire des hommes on s’aperçoit que c’est totalement faux ça il y a des périodes où la croissance monte, il y a des périodes , en général plus longues, où la croissance décroit ; on est peut-être en train d’entrer dans une de ces périodes-là.   Ce qui aujourd’hui, et je le dis tout de suite, met le plus en danger notre mode de développement, notre survie sur terre, le fait même que nous existions en tant qu’espèce qui a colonisé toute la planète, c’est notre nombre. Nous sommes 7, 430   Milliards humains en juillet 2016 alors qu’en octobre 2011 nous passions les 7 Milliards, ce qui veut dire quand 5 ans, on a pris 430 millions d’humains. Je vous invite quand vous quitterez cette salle à aller sur You Tube où vous trouverez une vidéo qui a été mis en ligne par le Musée américain de science naturelles qui s’appelle en anglais   American muséum of Natural Sciences, qui est un graphique qui montre l’évolution de l’humanité entre la naissance de notre espèce , homo sapiens/ sapiens et environ le néolithique c’est à dire quand on est passé d’être chasseur/Cueilleur à agriculteur, le nombre des humains est resté stable à moins de 100 Millions. Entre le développement de l’agriculture et le 20e siècle on est passé de 100 Millions à 1, 500 Milliards et entre 1900 et aujourd’hui on est passé de 1, 500 MILLIARDS à 7,500 Milliards à peu près. Donc vous voyez que la croissance humaine est au même niveau pendant des centaines et des centaines de milliers d’années, puis fait un bon en quelques dizaines de milliers d’années puis tout d’un coup, en quelques dizaines d’années elle explose ! Et ça c’est très grave parce que la réaction que l’on a en général,   c’est dire comment on va nourrir tout ce monde ! ça, ce n’est pas le plus grave car on peut toujours changer l’alimentation, ça ce n’est pas très grave. En revanche, vous et moi, cette salle, l’air qui nous entoure, la terre sur laquelle nous sommes, sommes gorgés d’eau et si par un coup de baguette magique je séparais les éléments solides de l’eau qui est entre nous, il y aurait une énorme bulle d’eau ici dans cette salle qui représenterait 60 % de notre poids. Donc nous sommes avant tout de l’eau et ce qui a permis la vie, c’est l’eau ! Or l’eau c’est quelque chose de très particulier il y a eu beaucoup plus d’eau sur Mars et sur Vénus autrefois et puis parce que c’est, contenu de la position de ces planètes par rapport au soleil, cette eau soit est entré sous terre, soit a gelé, soit s’est évaporée. Pour la terre c’était parfait, nous étions ni trop loin ni trop près du soleil alors personne ne sait vraiment comment l’eau est arrivée sur Terre. Il y a trois ou quatre théories qui s’affrontent, une des théories c’est un bombardement de Commettes glaciaires, une autre théorie c’est ce qu’on appelle le dégazage c’est-à-dire que la planète qui était une énorme boule de feu et de matière en fusion a commencé à se refroidir, elle a dégazé des particules d’hydrogène et d’oxygène, en tout cas, les circonstances de notre position dans le système solaire, a fait que cette eau a pu créer une atmosphère et cette atmosphère bloquant les radiations du soleil a permis que l’eau   recouvre la terre ; et sans eau, y a pas de vie. Ça c’est très très important parce qu’il faut aussi que vous ayez un paramètre en tête c’est qu’en gros on imagine, on estime que la masse d’eau qui est actuellement sur la planète est devenue ce qu’elle est il y a environ 4 milliards d’années et que depuis 4 milliards d’années,   il n’y a pas eu une goutte d’eau supplémentaire sur la planète , ça veut dire que depuis 4 milliards d’années,   l’eau qui s’est créée, pour une raison ou pour une autre, les scientifiques ne sont pas encore d’accord, c’est la même ! C’est-à-dire que l’eau que vous allez boire tout à l’heure,   ceux sont des atomes d’hydrogène et oxygène qui sont sur la terre depuis 4 milliards d’années au minimum. L’eau qui est dans votre corps, c’est la même chose et je vais peut-être vous flanquez un coup de vieux mais sachez que par l’eau qui est dans votre corps vous avez 4 milliards d’années ! Ce qui fait un rapport direct, physique, géologique entre vous et la planète et si ce rapport direct physique, géologique entre vous et la planète est affecté, vous disparaitrez ; alors je vous donne quelques exemples : 97% de l’eau qui existe sur la planète est salée   donc, elle nous sert à rien, ou à très peu de choses, on peut la dessaler mais cela coûte très cher, notre planète est aussi la seule qui a la chance d’avoir de l’eau sous ses trois formes possibles : solides les glaces, liquide les océans les rivières les lacs tout ce que vous voudrez ou gazeuse la vapeur d’eau, les nuages qui aident à un renforcement toujours permanent de l’atmosphère. C’est pour ça que, quand on parle de de trous, par exemple le trou de la couche d’ozone ou de gaz à effet de serre, c’est très grave parce que ça une influence directe sur l’atmosphère et sans atmosphère pas d’eau et sans eau pas de vie. Alors les humains depuis qu’ils existent,  n’ont pu survivre que grâce à l’eau ;   vous savez qu’en gros que, si vous faites une grève de la faim vous pouvez durer une cinquantaine de jours en gros, en revanche, si vous faites une grève de la soif au bout d’une semaine maximum et ça c’est si vous êtes très très résistant, vous êtes mort. On ne peut survivre que   grâce à l’eau alors on estime, mais ça c’est une moyenne, que les humains utilisent gros, en moyenne, 40 litres d’eau par jour mais cela ne veut rien dire parce que vous avez tout une zone qui sont les zones désertiques en Afrique en Asie et en Amérique latine ou les zones très rurales ,de ce qu’on appelle les pays en voie de développement, où on estime qu’un agriculteur de ces zones utilise 10 litres   par jour. Nous, urbains européens, nous utilisons 240 litres d’eau par jour, alors,   vous ne vous êtes jamais rendu compte que vous utilisiez en moyenne 240 litres d’eau par jour ! Quant à un citadin   américain, il utilise 600 litres d’eau par jour. Alors, eau qui se recycle, évidemment. Il n’empêche que c’est beaucoup et tout le reste de la consommation est industrielle ou agricole. Vous avez dû   voir depuis 2 ou trois jours qu’on s’agitait beaucoup sur l’ émanation de méthane, alors on attribue ça en partie aux régurgitations des vaches, mais on fabrique aussi beaucoup de méthane , les usines de retraitement d’ordures fabriquent énormément de méthane, la circulation de façon générale, les transports émettent du méthane et la vie courante des hommes émet du méthane , ne vous en faites pas, du carbone et du méthane vous en faites aussi en respirant, comme tous les êtres vivants. Mais le méthane, est beaucoup plus dangereux que le CO2 parce qu’il a un effet de serre 10 fois plus important que le CO2, le seul avantage c’est qu’il reste dans l’atmosphère moins longtemps que le CO2 , le méthane 10 ANS , le CO2,   une centaine d’années et que le CO2 peut être absorbé plus facilement par les océans que le méthane, le méthane étant   un gaz très lourd. Donc si vous voulez, la vie qui nous paraît naturelle qui est la nôtre, que nous vivons tous les jours, est en fait quelque chose d’extrêmement fragile, de paradoxale et j’ai presque envie de dire que c’est un accident dans l’univers qui peut être n’aurait pas dû avoir lieu. Alors pourquoi j’ai dit que l’accord de la COP 21 tout à l’heure ne servait à rien, c’est parce que malgré la demande d’un certain nombre de pays, les négociateurs   de la COP 21 ont refusé de mettre la notion de surpopulation parmi les dangers qui pèsent sur le développement. Or c’est un cercle vicieux : plus vous avez d’humains , plus ils consomment d’eau, plus ils consomment d’eau plus ils produisent , plus ils produisent plus ils envoient dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, volontairement ou pas, mais, le cycle de l’eau, le cycle géologique de l’eau, de sa transformation de liquide en gaz ou en glace puis de , retour à son état liquide,   lui ne peux pas changer en rapidité et ne peut pas être accéléré. Et en plus, à moins qu’on trouve la manière de le faire, je vous indique qu’on ne peut pas créer d’eau, on peut séparer l’eau légère de l’eau lourde par exemple pour l’industrie nucléaire , mais c’est toujours de l’eau, et c’est la même eau. On ne sait pas aujourd’hui faire de l’eau donc, ce cercle vicieux est une véritable , en gros, « l’humanité dans sa consommation d’eau et sa façon de traiter son environnement c’est en gros conduire une Ferrari sans frein dans un col et qui descend c’est une course à l’abîme. Vous allez me dire, vous êtes bien pessimiste ! Oui et non ! Oui, parce que si on continue comme on continue, il y a de fortes chances, à cause de note consommation d’eau, et peut-être pour d’autres raisons, que l’espèce humaine disparaitra plus vite que ce qui est plus ou moins programmé géologiquement et vous me direz dans ce cas-là il n’y aura plus de problème. Non, non parce que et c’est là où la notion de citoyen est importante, nous devons prendre conscience que, si nous n’enrayons pas cette marche folle à la surpopulation, nous allons droit à la catastrophe. Alors je comprends pourquoi les négociateurs de la COB 21 n’ont pas voulu mettre la population dans le package des négociations parce que politiquement ça n’est pas possible. Vous avez des pays, j’ai rien contre l’Inde, qui est un pays que j’aime bien, mais les indiens sont irresponsables, ils ont doublé leur population en 50 ans et la prochaine fois ils vont la doubler en 20 ans. Or encore une fois, les ressources de la planète en terre qui peuvent permettre de nourrir tous ces gens et surtout en eau ne sont pas extensibles. Donc c’est très simple, quand vous avez deux trains qui vont à vive allure l’un en face de l’autre et qui se rencontrent, en général ça fait du dégât. Alors deuxième raison iconoclaste que je vais lancer, et j’ai bien conscience que ça va vous faire un peu sourire ou voire vous choquer, la solution est dans les OGM. Alors vidons une querelle rapide l’homme fait des OGM depuis 10 000 ans ! Quand l’homme est passé du stade de chasseur/cueilleur à celui d’agriculteur il a fait les premiers OGM ; il a pris des grains de céréales, des grains de céréales sauvages, il les a   bidouillé et il a fait du blé. Et c’est parce qu’il a fait ces céréales, en Asie le riz , au Moyen-Orient le blé ou l’orge, que la population qui s’est sédentarisée n’a plus eu besoin de courir derrière des animaux et a pu croître parce qu’elle mangeait mieux. Donc je vais sans doute vous étonner mais l’avenir de l’humanité passera forcément par des manipulations génétiques de ce qui nous nourrit ; alors on arrive probablement au moment où le cheptel de viande : quels que soient les viandes, c’est-à-dire de nourriture carnée, va arriver à son maximum. IL ne pourra pas être développé parce que sa consommation d’eau que ça représente être trop importante,   et puis surtout, que les effets néfastes sur le climat risqueront d’accélérer les choses. Vous ne vous en rendez pas compte, mais, depuis le début du siècle, l’équivalent de l’Europe a fondu des deux pôles dans les océans. Cela ne paraît pas énorme, ça a été une très légère augmentation du niveau des océans sauf, que les géo-paléontologues, et d’ailleurs les gens qui étudient les glaces anciennes par des carottes, se sont aperçus que la dernière fois que ça s’est passé par des carottes prises au Groenland, c’est à la fin de la dernière aire de glaciation et à la période interglaciaire qui est celle où nous nous vivons, que ça s’est produit , il y a environ de 12/13 000 ans. En environ 200 ans, le niveau des océans est monté de 130 mètres. Comme vous le savez, sauf au fond de certaines fosses océaniques, mais sous des pressions très particulières, l’eau n’est pas compressible, c’est-à-dire que quand vous mettez de l’eau dans un ballon et vous rajoutez de l’eau, et vous rajoutez de l’eau, soit elle sort du ballon, soit elle le fait exploser. C’est pareil sur la terre donc, quand le niveau des océans monte, il s’étale. Vous avez peut être entendu parler d’un pays qui s’appelle les Maldives, au rythme où nous allons, à la fin du siècle, les Maldives ont cessé d’exister et elles seront sous, entre trois et 10 mètres d’eau. C’est vrai aussi de tas d’iles dans le Pacifique. N’oubliez que s’il y a des hommes en Australie, c’est parce qu’ils sont arrivés depuis l’Afrique par l’Asie il y a environ 60 000 ans et qui sont venus à pieds. Maintenant, y a des centaines de mètres d’eau entre l’Asie et l’Australie donc, ça pourrait aller très vite. On estime que la manche, vous voyez, c’est ce bras d’eau qu’il y a entre la France et l’Angleterre, la manche s’est créée en 20 heures. Il y avait une immense retenue d’eau qui été arrêtée par une formation géologique, et la fonte des glaces, à la fin de l’ère glaciaire, a fait que   cette retenue d’eau est montée, montée, montée et puis qu’elle est passé par-dessus. Et qu’en gros, la manche, s’est créée en moins d’une journée. La mer noire est passée dans la méditerranée, à peu près à la même époque, en une semaine, c’est pour cela qu’on a le Bosphore. Donc vous voyez, ces phénomènes climato-géologiques peuvent être extrêmement brutaux, extrêmement rapides, et extrêmement destructeurs. Dans le golfe du Bengale, pour vous donner une idée, si les eaux montent de 30 mètres, l’équivalent de la population du Bangladesh et du bord du golfe du Bengale évidemment sera sous les eaux, cela   menace environ 450 millions d’habitants. Et, face à ces événements géologiques ou induits par le climat, ne vous faites aucune illusion, nous ne pouvons rien. Nous ne pouvons pas prévoir les tremblements de terre, ce que nous savons, c’est qu’ils sont provoqués par les mouvements tectoniques des plaques ou des ruptures de faille. Vous ne savez peut-être pas que l’Afrique monte sur l’Europe, au rythme, alors c’est vrai c’est pas beaucoup, c’est trois centimètres par an alors, ce n’est pas beaucoup, mais, ça va très vite en terme géologique et ce sera pas la première fois que la méditerranée aura disparu. On voit bien actuellement où il semble y avoir depuis quelques années une activité sismique extrêmement importante en tout cas plus fréquente qu’autrefois en Italie, s’est tout simplement que l’Afrique pousse, et ça c’est vrai sur toute la planète. Donc être citoyen, ça consiste d’abord à prendre conscience de tous ces dangers là ; mais cela consiste aussi à être responsable, ça consiste aussi à se dire aussi, comme je le dis et au début, que cette religion du développement économique et technologique n’est pas forcément la meilleure, d’abord, parce qu’elle peut se casser la figure très vite. La technologie a basé tout le développement, en gros, sur le moteur à explosion or, le moteur à explosion, il n’existe que grâce aux carburants et qu’est-ce que nous brûlons, nous brûlons les forêts du passé c’est à dire les dépôts carbone qui ont été enfouis géologiquement y a quelques milliards d’années. Nous savons que l’énergie fossile, c’est pour cela qu’on appelle le pétrole une énergie fossile, est limitée et nous savons aujourd’hui quelle est limitée dans un délai de temps à échelle humaine et non pas à échelle géologique. Alors la religion du progrès technologique, si vous êtes très optimiste, pousse à dire qu’on aura plus besoin du moteur à explosion on inventera autre chose.   Alors, troisième dogme, et s’il y a   des écologistes ici ils vont probablement me faire la peau en sortant, troisième dogme, l’énergie qui pollue le moins je n’ai pas dit qui est la moins dangereuse, mais qui pollue le moins, c’est l’énergie nucléaire parce qu’elle est   pérenne, parce que le carburant utilisé, qui est la force nucléaire, est quasi immortel. Alors se pose évidemment la question du retraitement des déchets et des dangers que représentent les centrales et tout ce que vous voudrez mais, c’est ce qui nous permet, à nous français, d’être le deuxième pays le moins pollueur, en carbone en Europe. Depuis que l’Allemagne a abandonné l’énergie nucléaire, elle est passée d’un rang raisonnable de pollution de carbone en Europe, à l’avant dernière place en Europe, derrière elle, il n’y a plus que la Pologne qui utilise encore la limite. Alors voilà, alors, votre rôle à vous, j’ai presque envie de dire car, grâce à dieu je serai mort , c’ est de vous rendre compte des dangers qui pèsent sur l’espèce humaine, ils sont graves, ils sont nombreux, et ce n’est pas en se faisant plaisir avec des conférences du style de la COB 21 qui ne pose pas les vrais problèmes, qu’on résoudra quoique ce soit.. Premier problème dont vous devez être conscient c’est la surpopulation. Nous sommes 7, 430 milliards au mois d’Août dernier, beaucoup plus aujourd’hui, nous serons environ 11 milliards en 2050.   Et là on sait pas ce qui va se passer, en fait, les projections que nous avons, les plus optimistes disent qu’on va décroître en population et personne n’en est sûr . Mais ce dont on est sûr, c’est que si on continue de monter à ce rythme il y aura une extinction de la population humaine. La grippe espagnole en 1919/1920 a tué en gros, 20 millions de personnes sur la planète. C’est dire beaucoup plus que la première guerre mondiale. Si aujourd’hui nous avions une épidémie du type de la grippe espagnole contre laquelle nous n’aurions pas de vaccin, alors le type normal, c’est pour ça qu’on s’était tellement excités au moment du strass et de la grippe aviaire. Comment ça se passe ? C’est un rétrovirus aviaire, donc qui touche que les oiseaux, qui contamine les oiseaux domestiques, donc, les oiseaux sauvages contaminent les oiseaux domestiques ; et ce virus mutant, passe aux porcs et aux animaux de boucherie et arrive chez l’homme. Si quelque chose du type de la grippe espagnole se produisait demain matin ce n’est pas 20 millions de morts qu’on aurait c’est entre 600 et 700 millions. Pourquoi , parce que il y a une inter- connectivité des humains beaucoup plus grande aujourd’hui qu’en 1920, que les gens voyagent, et qu’il faut bien se mettre en tête que s’il nait demain matin un virus, style Ebola, style Strass, un virus nouveau, et que l’on ait pas le temps matériel de trouver très vite soit, une cure soit une antidote, ça signifie l’arrêt total, total, sur la planète, dans les 48 heures, de toutes les communications terrestres : avions, train, voiture, tout est arrêté. Parce qu’évidemment ce genre de virus se développe par contact, l’épidémie se développe par contact et si c’est un virus que l’on dit aérien donc qui se développe par la respiration, ça va trois fois plus vite. Vous avez vu il y a un volcan en Islande il y a quelques années qui est entré en éruption, on a arrêté les communications aériennes sur l’Europe. Imaginez qu’on ait un super volcan qui explose, actuellement des super volcans sur la planète il y en a 5 ou 6. Il en explose un tous les 120 000 ans à peu près. Le dernier qui a explosé, a explosé il y a 150 milles ans. Donc il devrait en exploser un assez rapidement. Là, c’est ce que l’on appelle l’hiver volcanique, c’est-à-dire pendant deux ou trois ans vous ne voyez pas le soleil. Vous imaginez ce que ça fait pour les cultures,pour tout ce que vous voudrez. Donc il faut bien se mettre dans la tête, que cette planète, est soit une aberration, soit un miracle, et que la vie sur cette planète, est encore plus aberrante et encore plus miraculeuse. Alors j’ai envie de vous dire que la meilleure position pour être un citoyen qui garantit le développement durable ou en tout cas un développement qui nous permette de durer, c’est de vous renseigner, de poser les bonnes questions, de ne pas vous laisser enfumer parce qu’on vous raconte, d’un côté, comme de l’autre, et de voir quelles sont les vrais problèmes que je rappelle : la surpopulation, la surconsommation d’eau et la surproduction d’aliments. Voilà, j’ai terminé.

 

DEBAT

 

Question : Bonjour, avons-nous des solutions face à toutes ces intempéries qui sont à venir ?

Thierry TERRIER : Le dérèglement du climat, d’abord, il faut bien se mettre dans la tête que le réchauffement climatique il a commencé il y a 20 000 ans à la fin de la dernière ère glaciaire, et ça c’était naturel, vous savez que, sur la planète vous avez régulièrement des périodes glaciaires, qui sont en général très longues, très, très, très longues et des périodes interglaciaires,   c’est le cas où nous sommes, où la planète se réchauffe. Comment est-ce que l’on passe d’une période glaciaire à une période interglaciaire, c’est parce qu’il y a une légère modification de l’orbite, il faut qu’il y ait 3 facteurs, une légère modification de l’orbite de la terre et ça cela dépend du cosmos, une intensification des radiations solaires qui arrivent à pénétrer jusqu’au-delà de l’atmosphère, et enfin des mouvements tectoniques qui font que, les terres qui sont proches de l’équateur, remontent vers les pôles. Et c’est comme ça et, quand elles descendent et quand ces   trois facteurs diminuent, là vous avez une période   glaciaire. Et quand on a les 3 facteurs que je viens de donner qui sont ensemble, on a une période de réchauffement. Donc le réchauffement il a commencé y a environ 20 000 années, l’homme n’a pas aidé, puisque évidement on balance plein de gaz à effet de serre dans l’atmosphère mais, pour dire la vérité, l’influence de l’homme, qui est indéniable, accélère un processus qui aurait semble-t-il tendance à s’accélérer tout seul. Alors, le climat c’est le vent et   l’évaporation de l’eau, c’est-à-dire que, quand il y a des masses d’eau qui s’évaporent, qui se transforment en nuages, la force des vents les ramène sur des régions plus froides et cela crée des précipitations ou plus froides ou plus chaudes. On peut le décrire, on peut l’anticiper à quatre jours on ne peut pas le prédire. Les gens qui vivent avec la météo, comme les aviateurs où les marins, savent que la météo au-delà de 4 à 5 jours, on ne peut pas en dire grand-chose. Le plus important et c’est ce qui sera   sans doute la plus grande découverte des années à venir et peut-être des siècles à venir, c’est la prévision des séismes. C’est-à-dire être   capable de prévoir, soit quand un volcan va exploser, parce que je peux vous assurer que toutes les voitures du monde, à côté d’une seule explosion de l’Etna ou du Vésuve, c’est vraiment de la petite bière, parce que, ce qu’un volcan balance dans l’atmosphère en gaz à effet de serre, et en particules de carbone, c’est bien plus important. Et puis surtout, les déplacements tectoniques pour anticiper précisément ce mouvement tectonique des plaques, de l’équateur vers les pôles. Donc pour le moment la réponse est simple : on peut pas, on ne   peut absolument pas prévoir des phénomènes climatiques d’ampleur grave avant qu’ils aient commencés, par exemple, la formation d’un cyclone on sait comment il se forme, on sait pourquoi il se forme mais il y a des fois, où il devrait se former, il ne se forme pas e,t il y a des fois où il ne devrait pas se former, il se forme. Donc en un mot, prévoir les dérèglements climatiques, pour le moment, on ne sait pas.

 

Question : de Rémy du lycée St Ursule : je voulais vous demander, en fait, on est à 7 milliards d’habitants sur la planète,   et vous dites que l’on est en surpopulation mais la planète peut contenir 11 milliards d’habitants, pourquoi en fait vous dites cela ?

 

Thierry TERRIER : Mais parce que l’on fait des bébés et que c’est une activité relativement préférée des êtres humains ; non ce qui est grave ce n’est pas le fait que l’on soit à 7 milliards, c’est la rapidité de l’explosion démographique, si on avait mis, allez je vais dire n’importe quoi, 500 ans au lieu de 50 ans pour avoir cette explosion démographique, ça n’aurait pas été grave, parce qu’on aurait pu s’adapter. Le problème c’est la rapidité de l’explosion démographique et   il va falloir absolument faire comprendre à des tas de populations, pour qui les enfants sont la seule richesse, et qu’avoir beaucoup d’enfants c’est bien parce que ça assure l’avenir, qu’au contraire, ça hypothèque leur avenir.

 

Question : Mathéo Venot du lycée de Vaucanson : Comment pouvez-vous certifier que les OGM sont une solution durable ?

 Thierry TERRIER : parce que si on continue de produire notre alimentation, soit en plantes soit en matières carnées, en utilisant autant d’eau on pourra plus rien produire du tout très vite parce qu’on on n’aura pas assez d’eau. Donc il faut absolument inventer des aliments, soit végétaux soit animaux, qui consomment moins d’eau. Vous savez, produire un steak haché de 150 grammes ça revient à utiliser 300 litres d’eau par jour, c’est-à-dire, autant que ce vous consommez vous en tant qu’urbain européen. Actuellement y a environ 6 milliards d’animaux d’embouche, sur la planète, presque autant que d’humains, ça passe forcément alors par une réduction du régime carné, ça c’est une évidence, et par l’invention de céréales, en particulier, qui utilisent moins d’eau. Prenez les rizières, la production de riz est consommatrice   d’eau d’une façon absolument phénoménale, phénoménale. Donc, il va falloir inventer des riz, et on peut le faire que par des manipulations génétiques, qui utilisent moins d’eau. Vous prenez un pays comme l’Égypte, plus des trois-quarts de la consommation d’eau en Égypte, est consacrée à la culture du coton. La population égyptienne, tous les animaux qui existent en Egypte, tout ce qu’on fait pour ceux qui n’est pas la production de coton, n’utilisent qu’ 1/4 de la consommation   d’eau en Égypte. Donc il va bien falloir inventer des cotons ou des fibres qui utilisent moins d’eau, donc c’est pour ça que je vous dis que les OGM qui peuvent être quelque chose de tout à fait maîtrisé, sont forcément, forcément, dans l’agenda.

Question : Si le problème c’est l’eau, pourquoi on ne fait pas des usines pour enlever le sel de l’eau comme on en a beaucoup trop ?

Thierry TERRIER : Alors en effet, c’est en effet une bonne suggestion, si vous voulez consommer de l’eau dessalée, moi j’ai vécu dans un pays où ont dessalait l’eau, l’Arabie saoudite, sachez qu’un litre d’eau dessalée vous coûtera l’équivalent d’un an de consommation d’une famille d’électricité. Parce que, j’ai presque envie de dire ceux sont des usines à gaz épouvantables, les usines de dessalement d’eau sont les usines les plus coûteuses en processus, alors, soit on fait des usines de dessalement d’eau nucléaires, et ça, ça va pas vous plaire non plus, soit on les fait comme on les fait actuellement en Arabie saoudite, c’est-à-dire au pétrole ; et dans ce cas-là ça coûte une fortune.

Question : Pensez-vous que l’humanité puisse résoudre ces problèmes, et si oui dans combien de temps ?

Thierry TERRIER : Bonne question !! Alors, je vais vous dire, de deux choses l’une, j’ai dû vous paraitre très pessimiste, mais en fait je ne le suis pas. Je crois qu’il était urgentissime, urgentissime, que l’ensemble des états, plutôt que s’amuser à faire une COP 21 qui sert à rien, se mettent ensemble pour axer la recherche, la recherche, sur la vraie durabilité de l’humanité, sans tabou, sans pression politique. Prenez le GIEC par exemple, je les aime bien ces gens-là, mais ils ne servent à rien. Ils nous disent que les glaces fondent, merci, on le sait. Ils nous disent, c’est ce qu’on envoi dans l’atmosphère qui les fait fondre, un, ce n’est qu’’en partie vrai et en fait il faut absolument que l’esprit humain qui est un esprit de découverte, sans ça on ne serait pas ou on en ai maintenant,   que l’intelligence humaine se fédéralise pour trouver des réponses. Des OGM maîtrisées, c’est une des réponses, c’est une des réponses, l’utilisation de l’eau c’est une autre réponse. L’utilisation de l’eau ça passe par nous, ça passe par nous, par chacun d’entre nous. Je présume que, comme tous les français à peu près normaux, vous vous lavez tous les jours, vous vous lavez les dents tous les jours, et vous allez évidemment comme tout le monde aux toilettes plusieurs fois par jour. C’est l’essentiel de l’eau que vous consommez. Chaque fois qu’on tire une chasse d’eau, chaque fois qu’on tire une chasse d’eau, il y entre 30 et 50 litres d’eau qui partent. Alors ça ce n’est pas grave en soi, ce qui est grave c’est que, pour que cette eau redevienne de l’eau, ça prend des centaines d’années. Donc il faut savoir,   je ne suis pas un adepte de la décroissance mais je suis un adepte en revanche forcené, de l’encadrement de la croissance en se disant que la croissance à tout prix, c’est idiot, et que, nous allons évidemment, évidemment, vers une ère humaine, un moment de l’histoire humaine où il y   aura peu ou pas de croissance mondiale et où il faudra évidemment serrer la ceinture si on veut survivre, c’est forcé. Donc je suis confiant en l’esprit humain qui pourra sans doute inventer des réponses. Là vraiment le rouge est mis là, le rouge est mis.

Question : Vous dites, que l’évolution de l’espèce humaine, sera possible avec une meilleure gestion de l’eau. Est-ce que   les pays dits, développés, avec leur idéologie, pourront utiliser moins d’eau ?

 Thierry TERRIER : C’est à eux de le dire. C’est-à-dire que quand je dis que c’est à eux de le dire, c’est à nous tous, vous et moi, de le dire. Il est évident que j’ai fait exprès d’un peu   forcer le trait, mais je ne l’ai pas forcé beaucoup sur l’eau pour vous faire prendre conscience que c’est à chacun d’entre nous que ça revient. Je ne vous demande pas de faire comme l’agriculteur du SAHEL, en Afrique, qui utilise 10 litres d’eau par jour, mais il y a pas de doute que notre civilisation, qui est une civilisation en particulier, de l’hygiène, et, ça va vous paraitre bizarre que je vous dise ça,   mais, on n’arrête pas de se laver, on n’arrête pas de se laver en Europe, enfin dans les civilisations occidentales   développées. Or vous savez que c’est très mauvais, prendre plus d’une douche tous les deux jours est extrêmement mauvais pour votre peau. Vous dites ça à tout le monde et tout le monde va dire cela va « chlinguer » mais oui, mais c’était le cas jusque au début du dîner du 20e siècle, donc cela passe par cela. Il y a des tas de façons d’économiser l’eau, un exemple, quand vous faites la vaisselle à la maison, et je vais vous dire encore quelque chose qui va me faire des amis, n’utilisez pas de lave-vaisselle, 5 assiettes, 2 casseroles et 12 couverts dans un lave-vaisselle, ça utilise 500 litres d’eau. Lavez-les à la main, puis ça fera de l’exercice. Vous savez combien vous utilisez d’eau dans un programme normal à 30° de machines à laver ?  : 250 litres !

Question : Antoine   Bigot Lycée Vaucanson, Vous avez parlé du nucléaire mais vous n’avez pas parlé des énergies renouvelables, vous en pensez quoi ?

Thierry TERRIER : Alors, elles ont leur rôle à jouer, si   elles sont productives. Je vous donne un exemple qui est tout simple : l’énergie solaire. Vous avez un pays ,qui est le CHILI , actuellement qui vient de rendre électricité gratuite pour les chiliens, parce qu’il a couvert son désert, de panneaux solaires Manque de pot, il n’y a pas de désert en France et il n’y a pas assez de soleil pour qu’on le fasse. Les champs d’éoliennes ça peut devenir rentable, très probablement, dans l’éolien maritime. C’est à dire si on couvre les océans d’éoliennes. Mais le grand problème, c’est que les sociétés développées utilisent   tellement d’énergie, je suis sûr que cette salle en ce moment, elle est chauffée, voilà, nous sommes assez nombreux pour qu’elle puisse mériter de ne pas l’être. La plupart des gens chauffent leurs maisons à 20°, 19°, moi je n’ai jamais chauffé la mienne et je suis au milieu des bois à plus de 16° ! Et tout ça si vous voulez tout y contribue.   Alors les énergies renouvelables, les énergies nouvelles, sont évidemment un apport, il n’y a pas de doute,   mais elles ne pourront jamais remplacer les énergies fossiles au rythme où nous consommons de l’énergie. A moins encore une fois je vous l’ai dit, d’inventer des moteurs, d’inventer des moyens de circuler et des moyens de vivre, parce que des moteurs y en a plein, depuis la machine à café jusqu’à l’avion tout cela c’est des moteurs, qu’ils soient électriques ou à   explosions mais s’ils sont électriques c’est quand même de l’énergie qui est utilisée. Donc d’inventer des moteurs qui soient moins consommateurs d’énergie. Vous savez par exemple, pour les voitures, on est passé de voitures individuelles, il y a 30 ans, qui consommaient entre huit et 12 litres aux 100 à des voitures aujourd’hui qui consomment entre quatre et 6 litres aux 100 donc, il y a eu un progrès considérable. Donc il faut croire dans l’inventivité humaine mais on consomme encore beaucoup trop d’énergie.

Question : Kévin Petit Lycée St Ursule : Est-ce que vous pensez que dans le futur on pourra habiter dans un autre système solaire sur une autre planète ?

Thierry TERRIER : Alors il faudrait déjà qu’il y ait un autre de système solaire, un système solaire on n’en a pas trouvé d’autres. On a trouvé jusqu’à présent, mais elles sont loin, ce que l’on appelle des exoplanètes, c’est à dire des planètes qui ressemblent   vaguement à la terre et sur lesquelles il y a peut-être de l’eau, peut-être. Mais je vous rappelle qu’il y avait de l’eau sur Mars et sur Venus. Sur Mars il y en a d’ailleurs probablement encore sous terre. IL y a   en ce moment sur le Net, une vidéo superbe d’un drone sur Mars qui survole une vallée créée évidement par un fleuve, qui est absolument superbe. Mais,   si le dérèglement arrive et si on perd l’eau, de toute façon la question d’aller ailleurs ne se posera pas parce qu’on disparaîtra et puis savez le   voyage interstellaire interplanétaire, c’est une énorme question mathématique et physique, on est déjà allé   très très loin. Alors, est-ce qu’il existe d’autres systèmes solaires, très probablement. Vous savez qu’on estime que le soleil est une étoile qui a donc son système autour de son étoile, donc, des étoiles comme le soleil dans notre galaxie et l’univers est plein de galaxies, dans notre galaxie, c’est à dire à la voie lactée il existe environ de 3000 milliards de soleils donc, on a le temps de voir.

Question :   Laurine Duval Lycée Balzac : comment fédérer l’intelligence humaine pour avoir des résultats concrets et comment faire passer le message à toute la population mondiale pour avoir des améliorations ?

 Thierry TERRIER : Il faut se mobiliser, et j’ai envie de dire qu’il y deux choses, il faudrait déjà que dans les pays responsables et qui réfléchissent, je ne parle pas des irresponsables, comme l’Inde ou d’autres, qui ne pensent pas du tout à ces questions. La Chine commence à y réfléchir très, très, sérieusement, parce qu’elle vient de s’apercevoir que 30 Ans de développement industriel en grand pollueur comme elle l’a été, a terriblement affecté sa population. Mais que des pays responsables, en gros les pays occidentaux, il y a deux mesures très, très, importantes à prendre immédiatement, mettre l’accent dans les études secondaires et supérieures sur les sciences et les sciences de la terre et des sciences , la physique et la chimie, c’est très, très, important, et puis, en ce qui nous concerne, chacun d’entre nous, alerter le monde, alerter le monde de dire que c’est très beau de faire des bébés, mais que c’est suicidaire. Je ne vous demande pas de ne pas en faire, ce serait une vie un peu triste, mais, modérément, et le faire savoir aux gens. Le taux de fertilité en France, qui augmente d’ailleurs, le taux de fertilité, est en gros de 2 enfants 1/4 par femme. Le taux de fertilité en Afrique c’est 5 ½, le taux de fertilité en Inde c’est 7 !!. Donc si vous voulez, c’est totalement irresponsable, alors le problème c’est qu’il y a évidemment des questions de culture, des questions religieuses, des questions de civilisation, il y a des civilisations, vous savez, toutes les religions qu’elles soient monothéistes ou qu’elles soient polythéistes ont toutes une phrase en commun «  Croissez et multipliez-vous ». Pourquoi ? Parce que toutes les civilisations humaines sont des civilisations d’agriculteurs, et que les agriculteurs ont besoin de bras. Donc vous savez ce que disait Voltaire de la religion : « Dieu a peut-être inventé l’homme à son image mais l’homme le lui a bien rendu ». Donc on a inventé des religions qui ont formé la base de nos civilisations, quelles qu’elles soient, le bouddhisme, l’Indouisme, les religions monothéistes, les religions animistes toutes celles que vous voudrez, qui sont des religions d’agriculteurs, et qui ont un principe fondamental : il faut faire plein des bébés parce qu’ils travailleront dans les champs. C’est en train de devenir faux.

Question : Vous dites que les OGM c’est la solution mais on voit qu’en Argentine c’est pas du tout géré,   et qu’il il y a plus d’enfants handicapés, proches des champs, ou dans les zones rurales que avant à cause des OGM parce que l’eau est contaminée, vous en dites quoi ?

Thierry TERRIER :   Alors j’en dis : ce qu’il faut c’est inventer, inventer, de nouvelles nourritures, soit des viandes, c’est à dire des animaux, soit des plantes, qui consomment moins d’eau. Aujourd’hui les OGM, sont uniquement dirigées sur la production de plantes de façon massive, qui produisent plus, c’est à dire de sélectionner des variétés qui ont un plus grand rendement à l’hectare, sous le prétexte qu’il faut nourrir plus de gens or c’est là où les OGM se trompent, il faut développer des OGM qui utilisent moins d’eau, c’est pas du tout la même chose. Alors évidemment que les OGM, d’ailleurs   les gens qui sont malades c’est pas forcément à cause des OGM, c’est beaucoup plus à cause des pesticides. Vous savez que si les abeilles disparaissent, ce qui est tout à fait possible, combien de temps l’humanité dure, sans   les abeilles ? Imaginez que demain il n’y ait plus du tout d’abeilles, nous n’avons pas 50 ans de survie pour l’humanité quand les abeilles auront disparu. A partir du moment, où la dernière abeille meurt, ce qu’il ne faut surtout pas qui arrive, l’humanité a 50 ans de vie. Pas long ! Donc si vous voulez tout se tient, tout se tient, les pesticides, les OGM, notre consommation d’eau, la surpopulation, n’oubliez pas que nous vivons sur la même planète et que nous sommes dépendants des mêmes phénomènes physiques et chimiques, qu’on soit   une abeille ou un humain.

Question : En fait, je voulais revenir sur le problème de surpopulation, est ce que ce problème va vraiment toucher l’Europe, parce que je veux bien pour l’Afrique, l’Inde ou la Chine mais pour l’Europe, je ne vois pas vraiment quel est le problème

Thierry TERRIER :   Attendez   qu’il y ait 1 milliard   d’habitants en Afrique et qu’un Tiers ne puisse plus vivre en Afrique à cause des guerres et des résultats climatiques, c’est   pas 300 000 réfugiés par an que vous aurez mais 30 millions ! Donc ça va vite monter. alors la juste un mot sur le phénomène migratoire, le phénomène migratoire, on peut raconter ce que l’on veut, mais on n’a jamais pu l’arrêté dans l’histoire de l’humanité. Quand les tribus germaniques, ont été poussées par un léger changement climatique en Europe du nord est, et sont venues envahir l’empire romain, l’empire romain n’a pas pu empêcher le phénomène migratoire des tribus germaniques. Les phénomènes migratoires dans l’histoire de l’humanité n’ont jamais pu être arrêtés, et ils sont exponentiels parce que, plus il y a de monde qui pousse, plus il y a de monde qui part.

Question : Vous parlez des êtres humains, mais, les autres êtres vivants, pour eux c’est comment ?

Thierry TERRIER : Les autres êtres sur la planète, nous sommes en train de les détruire, nous sommes en train de les détruire. Alors je vous parlais des abeilles, mais il est très probable que d’ici 2050, alors ce qui est sûr, il n’y aura plus de rhinocéros, il n’y aura plus d’éléphants, il n’y aura plus de lions, il n’y aura plus de tigres, il y aura des tas d’oiseaux qui auront disparu. Notre mode de vie, détruit, vous savez, on parlait de la prochaine extinction massive de source anthropogène, cela veut dire en clair, que c’est l’être humain qui détruit les autres formes de vie sur terre actuellement.

Question : Quel est le rôle d’un citoyen, alors que dans la mondialisation, les instances ont de plus en plus de pouvoirs ?

Thiery TERRIER : Vous avez posé la bonne question, qu’est-ce c’est qu’un citoyen ? Vous savez, la loi politique, que ce soit une dictature, ou une démocratie c’est en gros, « comme  je suis leur chef je les suis, et non pas, je les guide ». Donc c’est à nous de faire comprendre, enfin, je ne sais pas , je vais vous poser une question à vous tous, un peu à mon tour de vous poser les questions : «  est – que ce que vous venez d’entendre de ma bouche vous l’avez déjà entendu ? Bon, certains l’ont entendu, est- que vous le relayez ? Voilà, il faut le relayer, il faut travailler, parce que sans ça, quand   la catastrophe arrivera, et elle risque d’arriver, ça ira très, très vite.

Question : Alexandre Cortez   Lycée Paul Louis Courier : ce serait pour savoir si devenir végétarien ce serait une bonne solution ?

Thierry TERRIER : oui, à condition que vous mangiez des plantes qui utilisent moins d’eau.